Groupe Suisse des Amis du Molosse

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 le dogue de bordeaux

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maestro
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MessageSujet: le dogue de bordeaux   Dim 24 Oct - 0:08

HISTORIQUE
Le Dogue de Bordeaux est l'un des chiens français les plus anciens, descendant probable des Alans et, en particulier, de l'alan vautre dont Gaston Phébus (ou Fébus) Comte de Foix dit, au XIV ème siècle, dans son Livre de Chasse, qu'il " tient plus fort sa morsure que ne feraient trois lévriers ". Le mot " dogue " apparaît à la fin du XIVème siècle.
Au milieu du XIXème siècle, ces anciens dogues n'étaient guère renommés qu'en Aquitaine. On les utilisait à la chasse au gros gibier (sanglier), aux combats (souvent codifiés), à la garde des maisons et du bétail, au service des bouchers. En 1863 eut lieu à Paris, au Jardin d'Acclimatation, la 1ère exposition canine française. Les dogues de Bordeaux figuraient sous leur nom actuel. Il a existé différents types: type toulousain, type parisien, type bordelais, à l'origine du dogue actuel.
La race qui avait beaucoup souffert pendant les deux guerres mondiales, au point d'être menacée d'extinction après la guerre de 1939-1945, reprit son essor dans les années 1960.
- 1er standard (caractère des vrais dogues) in Pierre MÉGNIN, Le Dogue de Bordeaux, 1896.
- 2ème standard in J. KUNSTLER, Etude critique du Dogue de Bordeaux, 1910.
- 3ème standard par Raymond TRIQUET, avec la collaboration du Docteur Vétérinaire Maurice LUQUET, 1971.
- 4ème standard reformulé selon le modèle de Jérusalem (F.C.I.) par Raymond TRIQUET avec la collaboration de Philippe SÉROUIL, Président, et du Comité de la Société des Amateurs de Dogue de Bordeaux, 1993.
CARACTÈRE
Ancien chien de combat, le Dogue de Bordeaux est doué pour la garde qu'il assume avec vigilance et un grand courage mais sans agressivité. Bon compagnon, il est très attaché à son maître et très affectueux. Calme, équilibré avec seuil de réponse (réaction) élevé.
Le mâle a un caractère généralement dominant.
DIVERS
Cette race n'est non encore reconnue par le Canadian Kennel CLub.
Chien calme, le Dogue de Bordeaux supporte très bien les promenades en voiture et la vie en appartement. Il a cependant besoin de sorties régulières pour s'ébattre. Il peut se montrer assez réservé avec les étrangers qu'il n'hésite pas à intimider.
Durée moyenne de vie : 10 à 12 ans.

ALLURE GÉNÉRALE
Typiquement un molossoïde brachycéphale concaviligne. Le Dogue de Bordeaux est un chien très puissant, dont le corps très musclé conserve un ensemble harmonieux. Il est construit plutôt près de terre, c'est-à-dire que la distance sternum-sol est légèrement inférieure à la hauteur de la poitrine. Trapu, athlétique, imposant, il a un aspect très dissuasif.
Proportions importantes :
La longueur du corps, de la pointe de l'épaule à la pointe de la fesse, est supérieure à la hauteur au garrot dans la proportion de 11/10.
La hauteur de la poitrine est supérieure à la moitié de la hauteur au garrot.
La longueur maximale du chanfrein est égale au tiers de la longueur de la tête.
La longueur minimale du chanfrein est égale au quart de la longueur de la tête.
Chez le mâle, le périmètre céphalique correspond à peu près à la hauteur au garrot.
Taille : devant correspondre à peu près au périmètre céphalique.
Mâle de 60 à 68 cm au garrot. Femelle de 58 à 66 cm au garrot.
On tolérera 1 cm en moins et 2 cm en plus.
Poids : Mâle au moins 50 kg. Femelle au moins 45 kg.
ROBE
Peau : Epaisse et suffisamment ample.
Poil : Fin, court et doux au toucher.
Couleur : Unicolore, dans toute la gamme des fauves, de l'acajou à l'isabelle. On recherche une bonne pigmentation. Les taches blanches peu étendues sont admises au poitrail et à l'extrémité des membres.
Masque :
1) Masque noir : le masque est souvent assez peu étendu et ne doit pas envahir la région crânienne. Il peut être accompagné de légères charbonnures sur le crâne, les oreilles, le cou et le dessus du corps. La truffe est alors noire.
2) Masque marron (anciennement dit rouge ou bistre) : la truffe est alors marron, le bord des paupières est également marron.
3) Sans masque : le poil est fauve; la peau apparaît rouge (également appelé jadis "masque rouge"). La truffe est alors rougeâtre ou rose.
TÊTE
Volumineuse, anguleuse, large, assez courte, trapézoïdale quand elle est vue de face et de dessus. Les axes longitudinaux du crâne et du chanfrein sont convergents (vers l'avant).
Région crânienne
Chez le mâle : le périmètre du crâne, pris au niveau de la plus grande largeur, correspond à peu près à la hauteur au garrot.
Chez la femelle : il peut être légèrement inférieur. Son volume et sa forme sont les conséquences du développement très important des temporaux, des arcades sus-orbitaires, des arcades zygomatiques et de l'écartement des branches du maxillaire inférieur. La région supérieure du crâne est légèrement convexe d'un côté à l'autre.
Dépression fronto-nasale ou stop très accusé formant avec le chanfrein un angle presque droit (95 à 100deg.).
Dépression frontale profonde s'atténuant vers l'extrémité postérieure de la tête. Le front domine la face. Il est pourtant encore plus large que haut.
La tête est sillonnée de rides symétriques de chaque côté du sillon médian. Ces rides profondes et tourmentées sont mobiles selon que le chien est attentif ou non.
Région faciale
Truffe : Large, aux narines bien ouvertes, bien pigmentée selon le masque; truffe remouchée (retroussée) admise mais pas renfoncée vers la face.
Museau : Puissant, large, épais, mais non empâté sous les yeux, assez court, profil supérieur très légèrement concave, aux plis sobrement indiqués. Sa largeur diminuant à peine jusqu'au bout du museau, il a, vu de dessus, la forme générale d'un carré. Par rapport à la région supérieure du crâne, la ligne du chanfrein forme un angle très obtus ouvert vers le haut. Lorsque la tête est horizontale, le bout du museau tronqué, épais et large à la base se trouve en avant d'une verticale tangente à la face antérieure de la truffe. Son périmètre approche des deux tiers de celui de la tête. Sa longueur se situe entre le quart et le tiers de la longueur totale de la tête, de la truffe à la crête occipitale. Les limites (supérieure du tiers et inférieure du quart de la longueur de la tête) sont admises mais non recherchées, la longueur idéale du museau se situant entre ces extrêmes.
Mâchoires : Très puissantes, larges. Le chien est prognathe inférieur (le prognathisme inférieur est un caractère racial). La face postérieure des incisives inférieures est en avant et non au contact de la face antérieure des incisives supérieures. La mâchoire inférieure s'incurve vers le haut. Le menton est bien marqué et ne doit ni dépasser exagérément la lèvre supérieure ni être recouvert par elle.
Dents : Fortes, en particulier les canines. Canines inférieures écartées et légèrement recourbées. Incisives bien alignées surtout à la mâchoire inférieure où elles forment une ligne apparemment droite.
Lèvre supérieure : Epaisse, modérément pendante, rétractile. Vu de profil elle présente une ligne inférieure arrondie. Elle recouvre la mâchoire inférieure sur les côtés. À l'avant le bord de la lèvre supérieure est en contact avec la lèvre inférieure, puis descend de chaque côté en formant un V renversé évasé.
Joues : Saillantes par suite d'un très fort développement musculaire.
Yeux : Ovales, largement espacés. L'espace entre les angles internes des paupières équivaut à environ deux fois la longueur de l'œil (ouverture palpébrale). Regard franc. La conjonctive ne doit pas être apparente. Couleur noisette à brun sombre pour les dogues à masque noir, couleur moins foncée tolérée mais non recherchée chez les sujets à masque marron ou sans masque.
Oreilles : Relativement petites, de couleur un peu plus foncée que la robe. A leur attache, la base antérieure est légèrement relevée. Elles doivent retomber, mais non pendre mollement, le bord antérieur étant contre la joue quand le chien est attentif. L'extrémité inférieure est légèrement arrondie; elle ne doit pas pouvoir dépasser l'œil. Elles sont attachées assez haut, au niveau de la ligne supérieure du crâne dont elles semblent encore accentuer la largeur.
COU
Très fort, musclé, presque cylindrique. Sa peau est ample, lâche et souple. Sa circonférence moyenne égale presque celle de la tête. Il est séparé de la tête par un sillon transversal peu accentué, légèrement courbe. Son profil supérieur est légèrement convexe. Le fanon, bien marqué, débute au niveau de la gorge formant des plis jusqu'au poitrail sans pendre exagérément. Le cou, très large à la base se fond sans heurt avec les épaules.
CORPS
Ligne du dessus : Bien soutenue avec un dos large et musclé, garrot bien marqué, rein large, assez court et solide, croupe modérément oblique jusqu'à la naissance de la queue.
Poitrine : Puissante, longue, haute, large, descendant plus bas que le coude; poitrail large et puissant dont la ligne inférieure (inter-ars) est convexe vers le bas. Côtes bien descendues et bien cintrées mais pas en tonneau. La circonférence de la poitrine doit être de 0,25 m à 0,35 m supérieure à la hauteur au garrot.
Ligne du dessous : Ligne harpées, de la poitrine bien descendue au ventre assez relevé et ferme, ni tombant ni levretté.
QUEUE
Très épaisse à la racine. Sa pointe atteint de préférence le jarret sans le dépasser. Portée bas, elle n'est ni cassée ni nouée mais souple. Tombante au repos, elle se relève en général de 90 à 120deg. par rapport à cette position, lorsque le chien est en action, sans s'incurver sur le dos ni s'enrouler.
MEMBRES ANTÉRIEURS
Ossature forte, membres très musclés.
Épaules : Puissantes, aux muscles saillants. Obliquité de l'omoplate moyenne (45deg. environ sur l'horizontale), angle de l'articulation scapulo-humérale : un peu plus de 90°.
Bras : Très musclés. Coudes : Dans l'axe du corps, pas trop serrés contre la paroi thoracique ni en dehors.
Avant-bras : Vu de face, droits ou un peu inclinés de dehors en dedans de façon à se rapprocher légèrement du plan médian, surtout chez les chiens à très large poitrine. Vu de profil, verticaux.
Région métacarpienne : Puissante. De profil, légèrement inclinée. Vu de face parfois légèrement en dehors pour compenser la légère inclinaison de l'avant-bras vers l'intérieur.
Pieds : Forts, doigts serrés, ongles courbes et forts, coussinets bien développés et souples; le dogue est bien digitigrade malgré son poids.
MEMBRES POSTÉRIEURS
Membres robustes avec forte ossature, bien angulés. Vu de derrière : les postérieurs bien parallèles et verticaux donnent une impression de puissance bien que l'arrière-main soit légèrement moins large que l'avant-main.
Cuisse : Très développée et épaisse, aux muscles apparents.
Genou ou grasset : Dans un plan parallèle au plan médian ou légèrement en dehors.
Jambe : Relativement courte, musclée, descendant bas.
Jarret : Court, nerveux, angle du jarret modérément ouvert.
Métatarse : Robuste, absence d'ergot.
Pieds : Un peu plus longs que les antérieurs, doigts serrés.
ALLURES
Assez souples pour un molosse. Au pas, mouvement ample et souple au ras du sol. Bonne poussée des postérieurs, bonne amplitude des mouvements des antérieurs surtout au trot, qui est l'allure préférée. Quand le trot s'accélère, la tête a tendance à se baisser, le dessus à s'incliner vers l'avant, les pieds antérieurs à se rapprocher du plan médian en allant chercher la terre loin devant. Petit galop avec le déplacement vertical assez important. Capable de grande vitesse en déboulant au ras du sol sur de courtes distances.
DÉFAUTS
Tout écart par rapport à ce qui précède doit être considéré comme un défaut qui sera pénalisé en fonction de sa gravité.
DÉFAUTS GRAVES
Hyper-agressif, peureux. Tête courte et ronde aux yeux exorbités. Hypertype bouledogué (crâne plat, chanfrein mesurant moins du quart de la longueur totale de la tête). Déviation latérale importante de la mandibule. Incisives visibles de façon constante, la gueule étant fermée. Dos voussé (convexe). Queue présentant des vertèbres soudées mais non dévié. Pieds antérieurs tournés en dedans, même légèrement. Pieds antérieurs exagérément tournés en dehors. Cuisses plates. Angle du jarret trop ouvert (angulation droite). Angles trop fermés, chien sous lui du derrière. Jarrets de vache, jarrets en tonneau.
Allure béquillarde ou roulis important à l'arrière. Essoufflement excessif, respiration rauque. Blanc à l'extrémité de la queue ou sur la région antérieure des membres, au-dessus du carpe et du tarse.
DÉFAUTS ÉLIMINATOIRES
Tête longue et étroite au stop peu accentué, au chanfrein mesurant plus du tiers de la longueur totale de la tête (manque de type en tête). Chanfrein parallèle à la ligne supérieure du crâne ou descendant, chanfrein busqué. Torsion de la mâchoire. Dogue non prognathe inférieur. Canines visibles de façon constante, la gueule étant fermée. Langue sortant de façon constante, la gueule étant fermée.
Queue à la fois nouée et déviée latéralement ou tordue (en tire-bouchon). Queue atrophiée. Avant-bras tors avec région métacarpienne très affaissée. Angle du jarret ouvert vers l'arrière (tarse dévié vers l'avant). Blanc sur tête ou sur le corps, autre couleur de robe que le fauve. Tare invalidante repérable.

HISTOIRE

Le dogue de Bordeaux est un chien qui possède les caractéristiques d'un athlète ; prestance, force physique, agilité et endurance.
Sa structure physique peut être comparée à celle d'un athlète pratiquant la lutte gréco-romaine ou d'un boxeur.
La puissance plastique de sa musculature attire l'attention, et son expression sérieuse, courroucée, avec son œil attentif et son regard inaccessible aux inconnus, inspire un grand respect et une crainte révérencielle.
Pourtant, sous cet aspect, se cache un tempérament tranquille, surtout chez les exemplaires d'aujourd'hui, et, si parfois il se montre méfiant, il est loin d'être mal disposé envers son environnement. Conscient de sa force physique il est en effet tolérant, et il sait être un excellent compagnon pour tous les membres de la famille qui l'a adopté.
Par nature, il est propre, discret et peu envahissant ; tout comme les autres molossoïdes , il aboie très peu et seulement lorsque c'est nécessaire, et son plus grand désir est de partager son temps avec son maître, envers lequel il fait preuve d'une affection dévouée et d'un amour désintéressé.
Son histoire est très ancienne, et ressemble à celle des autres molossoïdes..
La zone d'origine
Par tradition , la zone d'origine du Dogue de Bordeaux est située dans le bassin aquitain, entre la ville de Bordeaux, la zone des Pyrénées et la partie méridionale de la France qui va de Tarbes à Toulouse (Midi). La civilisation gréco-romaine et les marchands phéniciens avaient fait connaître et avaient diffusé dans plusieurs endroits de l'Europe un chien aux caractéristiques molossoïdes originaire d'Asie, ainsi que nous pouvons le déduire en observant différents restes archéologiques, comme par exemple le bas -relief de Ninive (850 av. J.C.), conservé au British Museum de Londres, ou la planche sumérienne de Crète, conservée au Musée de Chicago (deuxième millénaire av. J.C.) qui repésente une chienne aux caractéristiques molossoides incontestables qui nourrit ses chiots, ou encore une statuette sumérienne découverte à Lagash et conservée au Musée du Louvre.


Dernière édition par le Jeu 15 Sep - 14:54, édité 1 fois
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crystal
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MessageSujet: Re: le dogue de bordeaux   Dim 24 Oct - 10:55

magnigfiques chiens que celui-là... fort de son caractère... mais magnifiques.... merci pour toutes ces infos....
fleurs
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maestro
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MessageSujet: Re: le dogue de bordeaux   Jeu 15 Sep - 14:54

suite:


Au 1er siècle avant J.C., Varron mentionne un molosse à la mâchoire forte et prognathe, ce qui est une caractéristique de notre Dogue. Les invasions barbares et, notamment, celle des Alains qui eurent lieu en France et en Espagne à la fin du Ive siècle ap. J.C., ainsi que les incursions des Normands en France à partir du Vie siècle ap. J.C., peuvent avoir contribué à la formation de la souche d'origine du chien d'aujourd'hui.
On doit très vraisemblablement aux Alains les termes alaunt, alan, alande, alant, alaune, allan, probablement d'origine celte, employés pour désigner un chien de grosse taille aux caractéristiques molossoîdes.
Cette population, peut-être d'origine persane, s'installa dans la Sarmatie méridionale entre la mer d'Azov (marais Méotide) et le Caucase, et arriva en suite, sous la poussée des Huns, dans l'Europe centrale et dans la péninsule ibérique . Leur origine persane nous ramène à la terre où ont été découvertes les traces du mâtin assyro-babylonien.
On peut donc supposer que ce chien faisait partie du cheptel et des autres animaux domestiques qu'ils avaient .amenés avec eux, dans leur migration.
C'est en France que l'on a repéré la première trace historique du terme alan , à la bibliothèque Mazarine, dans un manuscrit de 1387 au chapitre 21. Il s'agit du Livre de chasse ,un écrit sur l'art de la chasse de Gaston Phoebus, comte de Foix, ancien chef-lieu de l'actuel département de l'Ariège, qui a vécu au XVe siècle. Il est intéressant de remarquer qu'on retrouve, à la même époque, le terme alaunt, dans un ouvrage anglais intitulé Master of Game ,écrit entre 1406 et 1413 par Edmond de Langlej, duc de York. Dans leurs traités sur l'art de la .chasse les deux auteurs divisent les alaunt en trois catégories :
alaunt gentil ;
alaunt veautre ;
alaunt de boucherie.

Les alaunt gentil ressemblaient, à cause de leur structure plus légère, à de grands lévriers ;les alaunt veautre à des chiens de grande taille, toujours du type lévrier, mais avec de grosses têtes, de grosses lèvres et de grandes oreilles (très probablement le lévrier des cours médiévales) ; les alaunt de boucherie ressemblaient à de véritables molosses, destinés aux combats et utilisés généralement par ceux . qui possédaient du bétail. On peut donc croire que l'alaunt veautre et l'alaunt de boucherie sont à la base du mélange génétique qui a donné naissance au Dogue d'aujourd'hui.

L'explication, donnée dans le dictionnaire français-anglais de Cotgrave de 1632, de l'expression allan de boucherie, confirme ) notre déduction : <Il ressemble à notre mâtin, et il est utilisé par les bouchers pour dompter les bœufs affolés et les ramener à leurs places.>
On retrouve donc chez l'alaunt les traits caractéristiques des molossoïdes, tels la tête volumineuse, le museau court, épais et carré, un grand courage et une technique de combat qui consiste à mordre en ne lâchant pas prise même lorsqu'il est traîné ou soulevé de terre.
A mon avis, l'influence normande peut aussi s'être ajoutée au patrimoine génétique de cette race. Parmi les nombreuses.hypothèses étymologiques formulées pour le terme anglais mastiff
Qui désigne le mâtin national, on en trouve une qui .nous mène aux Normands : ce terme dériverait du mot mastin (devenu, en français moderne, mâtin)employé aussi bien en Espagne que dans le Massif armoricain pour indiquer un chien aux caractéristiques molossoïdes.
Nous savons aussi que ce furent les Normands qui introduisirent, dans les terres où ils arrivaient en conquérants, la coutume d'élever des taureaux, des ours, des chevaux et d'autres animaux pour les utiliser ensuite dans des combats avec leurs molosses. Cette population, originaire du Nord de l'Europe, habita la péninsule scandinave et le Danemark et avait eu des contacts, en naviguant sur les fleuves de la Russie et des terres asiatiques, avec des populations tartares. La Sarmatie, deuxième patrie des Alains avant qu'ils n'arrivent en Europe, était également appelée <Petite Tartarie>
Dans un ouvrage intitulé Le parfait Chasseur allemand,.édité à Lipsia en 1719, on trouve une description de ces chiens et ces indications sur leurs origines : <On pense que ces races sont originaires de la Moscovie et je suis convaincu qu'ils descendent de chiens de race tartare ou d'autres races féroces.> Sous le nom de Tartarie on comprenait aussi, alors, les régions russes de la mer Noire et celles du sous-Caucase
Buffon aussi cite, en 1735, parmi les .chiens les plus forts et les plus gros, les chiens de Tartarie, d'Epire et d'Albanie. Les Tartares étaient un groupe ethnique hétérogène qui réuni par le chef mongol Gengis Khan, fut conduit à la conquête de presque toute l'Asie et de l'Europe orientale. Marco Polo raconte qu'ils possédaient de gros hiens employés en meutes pour la chasse de gros animaux. Je crois qu'ils faut .reconnaître aux Normands d'avoir réintroduit, par d'autres voies, et diffusé ce genre de molossoïdes, capables de combattre avec des animaux de grande taille. Il est probable qu'ils aient été croisés avec les descendants de souches d'ancienne origine phénicienne ou gréco-romaine, donnant naissance , dans différentes zones géographiques, aux races européennes que nous connaissons aujourd'hui.
Guidés par Guillaume le Conquérant (1068-1135), les Normands occupèrent l'Angleterre et, à travers une politique fondée aussi sur les mariages, ils élargirent leur influence sur la Normandie, la Bretagne, l'Aquitaine et la Gascogne. Ce qui contribua à mélanger les cultures et les traditions celtiques normandes. Y eut-il également un échange de chiens ?
La célèbre défense de la Ville corsaire de Saint-Malo fut-elle confiée à des Dogues originaires de France ou provenant d'Angleterre ? C'est une question qui reste sans réponse. Il est toutefois certain que .les chiens étaient choisis selon leur degré .d'adaptabilité aux fonctions requises : le gardiennage, la chasse, le combat ; et qu'ils étaient sélectionnés pour leur courage, leur ténacité, leur endurance et leur force physique, indépendamment du lieu d'origine.

La ville de Bordeaux, occupée par les Anglais (.descendants des Normands de Guillaume le Conquérant), entre le XIIe et le XIVe siècle, a sûrement été aussi témoin de la coutume de faire combattre des molosses avec d'autres animaux. De plus, le naturaliste français Buffon mentionne, au XVIIIe siècle, Dogue, l'estimant originaire d'Angleterre. En revanche, Kustler, dans ses études sur cette race, affirme qu'elle est génétiquement très proche du Dogue de Burgos : ceci à cause des croisements fréquents entre chiens utilisés à des buts de défense par des contrebandiers qui franchissaient tous les jours les Pyrénées.
Il me semble important de souligner, à ce sujet, que le comté de Foix, à la même période où Gaston Phébus écrivit son traité, fut annexé. au duché de Navarre, qui s'étendait bien .au-delà des Pyrénées, dans l'actuel territoire espagnol, et qui confinait avec l'ancienne Castillle, dont Burgos était la .capitale. C'est dans cette ville qu'on attribua la célèbre médaille de bronze qu'Edgar Farman ite dans sa monographie sur le Bulldog anglais. Cette médaille, achetée à Paris par un brocanteur qui fréquentait la marché aux puces , représente la tête d'un molosse aux oreilles amputées, selon la coutume de l'époque , et porte l'inscription suivante ;: <Dogue de Burgos -Espana -anno 1625>. L'artiste s'appelle Cazalla. La médaille fut achetée et revendue plusieurs fois et finit dans les mains du cynophile d'Anvers John Proctor qui la fit analyser par des experts, qui confirmèrent son authenticité.
Ce type de chien existait donc en Espagne en 1625, et nous savons que la ville de Burgos était connue pour l'élevage du bétail et les combats des taureaux dans les arènes. Certains.personnages anglais, dont George R. Krehl, l'éditeur du Stock Keeper, expert passionné de molosses, estimait que la patrie du Bull-dog anglais était l'Espagne et non l'Angleterre. Son avis était partagé par Bill George, qui en 1840 importa d'Espagne en Angleterre un molosse appelé .Bigheaded Billy (<Billy grosse tête>) au poil tigré ; par Marquandt qui, en 1848, importa lui aussi d'Espagne les chiens Bonhomme et Lisbon, également tigrés ; et par Frank Adcock , qui en 1873 importa le célèbre chien -taureau., fauve et tigré, ainsi que le chien Alfonso, roux à masque noir tacheté de blanc... Ces chiens pesaient environ 50 kg et possédaient les caractèristiques des Bulldogs actuels...
Ces molosses étaient-ils originaires d'Espagne, ou provenaient-ils du noyau importé d'Angleterre au XVIe siècle ? Nous savons qu'en 1556 un grand nombre de Bulldogs ou alaunt fut importé de l'Angleterre en Espagne et dans l'île de Cuba par volonté de Philippe II le Prudent , fils de Charles V et d'Isabelle du Portugal.
Philippe II, qui en 1554 avait épousé en secondes noces Marie Tudor, reine d'Angleterre, et qui était devenu roi d'Espagne en 1556, avait voulu introduire dans les arènes espagnoles les chiens qui l'avaient tant impressionné dans la terre d'Albion.
.En décrivant, dans son Cours de zootechnie (Toulouse 1937-1938), le Bulldog espagnol, M. Pons affirme qu'il est plus trapu que notre Dogue, avec la tête ronde et grosse, et qu'il présente un sillon au centre d'un front très ridé ; il a le museau court et large avec le nez noir, écrasé et relevé, et il possède des masséters énormes et des dents irrégulières. Son oreille est souvent coupée, attachée haut, petite et à moitié repliée, les membres sont écartés. Il a le poil court et dur, presque toujours blanc et noir, rarement fauve ou tigré. Il mesure entre 60 et 65 cm et pèse environ 50 kg.
On peut donc imaginer, d'après cette description, à quoi ressemblaient les molosses qui se trouvaient dans la région des Pyrénées ou dans le territoire aquitain.
Gilbert Triquet, dans sa belle thèse de médecine vétérinaire de 1943 dur le Dogue de Bordeaux, nous dit que, autrefois, les Espagnols venaient chercher les Dogues dans la région de Bordeaux, pour ensuite les utiliser dans leurs corridas afin d'inciter les taureaux qui se montraient indolents et récalcitrants aux piqûres des <picadors> et des <banderilleros>. On appelait ces chiens perros de presa ( chiens de combat), mais le peuple les appelait les mâtins espagnols. Un cynologue italien, Angelo Vecchio, dans son livre I Cani (les chiens), publié en
1904, nous offre un témoignage de cette .coutume : <Lors de mes différents voyages en Espagne, j'eus l'occasion d'assister aux corridas de toros : dans la plupart d'entre elles ce n'étaient .pas des toréadors qui combattaient avec les taureaux , mais des chiens. A une sonnerie de trompette s'ouvrait une porte de fer et le taureau, haletant et préalablement excité, apparaissait soudainement dans l'arène et, le cou courbé, l'œil torve, le pied trépignant d'impatience, il attendait l'ennemi en mugissant.
A une deuxième .sonnerie, une autre porte grinçait et une meute de mâtins se précipitait contre le taureau. Ma plume tremble en décrivant l'horrible spectacle qui, pendant des heures, exaltait le public qui hurlait. Le taureau, attaqué de toutes parts, déchiré de mille façons, se défendait de son. .mieux, faisant aussi beaucoup de victimes dans la meute ; mais à la fin, sans cesse harcelé, lacéré, sanglant, affaibli.il tombait inanimé . Les chiens avaient remplacé les toreros ….>
Nous trouvons aussi des témoignages de sa présence en France, au XVIIe siècle, dans certaines fables de la Fontaine, où l'on cite un chien utilisé par les bergers pour défendre le bétail des loups.
A ces chiens, on amputait les oreilles gros vaisseaux veineux et artériels ainsi que la trachée, .représentent une cible mortelle.
En 1700, Buffon et un autre naturaliste français, Daubenton, ont fait une description précise de ce chien. Une peinture réalisée par le premier auteur nous montre un chien très ressemblant à celui d'aujourd'hui. Dans la description du deuxième, on trouve déjà le masque noir du museau.


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MessageSujet: Re: le dogue de bordeaux   Jeu 15 Sep - 19:09

ben moi j'adore ceux a masque noir!!! bisous

mais je trouve pas de photos!! snifffff

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MessageSujet: Re: le dogue de bordeaux   Jeu 28 Déc - 0:36

et j'ajoute à l'histoire que certains DDB peuvent se montrer très bêtes!
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MessageSujet: Re: le dogue de bordeaux   Ven 29 Déc - 15:35

Keepy a écrit:
ben moi j'adore ceux a masque noir!!! bisous

mais je trouve pas de photos!! snifffff

Le poste est vieux, j'imagine que tu en as eues depuis... Mais je ne résiste pas à faire un hommage à Hootch, chien de travail (héééé oui!) décédé le 17 juillet de cette année d'une hémorrhagie des suites d'un cancer généralisé.

Hootch... mon pote... fleurs
Poids de forme. Il avait 5 ans

Début 2006. Pépé se repose. Silence, siouplait!
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MessageSujet: Re: le dogue de bordeaux   Sam 30 Déc - 3:10

1 c'est juste jo... 1

et j'ajoute... non j'ajoute rien, hootch était un beau et bon chien de ce que j'en sais 1

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MessageSujet: Re: le dogue de bordeaux   Sam 30 Déc - 15:28

non j'en avais pas trouvée JO, merci pour ces photos!!

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le dogue de bordeaux
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